Bénéfices pour la santé, adhésion des usagers et exemple de l’EHESP à Rennes
Au Canada, aux États-Unis, en Australie et en France, des universités ont déjà fait le choix d’un campus sans tabac. Leurs retours d’expérience éclairent les bénéfices de la démarche et la façon dont étudiants et personnels l’accueillent une fois en place.
Avant 25 ans, une période décisive
La grande majorité des fumeurs réguliers commencent avant 25 ans, souvent pendant leurs études. L’université intervient donc au moment précis où les habitudes de consommation s’installent.
C’est ce qui en fait l’un des lieux les plus utiles pour agir en prévention.
Cinq bénéfices documentés
Les évaluations conduites à l’étranger et en France convergent. Un campus sans tabac limite d’abord l’entrée dans le tabagisme chez les plus jeunes. Il soutient ensuite les fumeurs qui souhaitent réduire leur consommation ou arrêter, en leur offrant un environnement moins incitatif et un accès facilité aux aides.
La démarche protège aussi les non-fumeurs du tabagisme passif, en particulier aux entrées des bâtiments et dans les lieux de passage. Elle réduit la pollution liée aux mégots jetés au sol, chargés de substances toxiques. Enfin, en rendant le tabac moins présent dans le quotidien, elle contribue à faire évoluer son image : fumer cesse d’apparaître comme un geste ordinaire.
Rennes, premier campus 100 % sans tabac de France
L’École des hautes études en santé publique (EHESP) a ouvert la voie le 31 mai 2018, à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac. Sept ans plus tard, les données d’évaluation recueillies entre 2018 et 2025 dressent un bilan très favorable.
LE BILAN EN TROIS CHIFFRES
96,7 % des étudiants sont favorables ou très favorables à la mesure, dont 91,4 % des fumeurs.
2,3 %, c’est la part d’opposants parmi les personnels après la mise en place (contre 37,5 % avant).
38 % des fumeurs déclarent que la politique les a aidés à engager un sevrage.
Ces résultats montrent que les réticences exprimées avant le lancement s’estompent nettement avec l’expérience. Les fumeurs eux-mêmes adhèrent massivement à la démarche, et plus d’un sur trois y trouve un appui concret pour arrêter.
Une expertise partagée avec Bordeaux
Partenaire du projet bordelais (lien vers page accueil bloc Partenaires), l’EHESP met à disposition son expérience à travers le programme de recherche ProDevCampus. Le campus Carreire bénéficie ainsi des enseignements d’une démarche éprouvée, tout en l’adaptant à ses propres contraintes et à ses usagers.
À Bordeaux, le dispositif fera lui aussi l’objet d’une évaluation scientifique, conduite par EVIDANS, pour mesurer ses effets dans la durée et ajuster les actions au fil des années.